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Divorce : Qui Garde la Maison ?

Mis à jour le 1 juin 2024

Le sort de la maison familiale est souvent la question la plus sensible lors d'un divorce. Entre attachement émotionnel, enjeux financiers et logistique des enfants, la décision est rarement simple. Voici un tour d'horizon complet des options et de leurs implications juridiques.

Le régime matrimonial et la maison

La première question à se poser est : qui est juridiquement propriétaire de la maison ?La réponse dépend de votre régime matrimonial :

  • Communauté réduite aux acquêts (régime légal) : si la maison a été achetée pendant le mariage avec des fonds communs, elle appartient aux deux époux à parts égales, quel que soit l'apport de chacun.
  • Séparation de biens : chaque époux est propriétaire de ce qu'il a acquis à son nom. Si la maison est à votre nom, elle est à vous ; si elle est aux deux noms, vous êtes co-propriétaires selon vos quotes-parts réelles.
  • Participation aux acquêts : régime hybride, propriété séparée pendant le mariage mais partage des gains à la dissolution.
  • Communauté universelle : tous les biens, y compris ceux apportés avant le mariage, sont communs aux deux époux.

Pour les couples pacsés ou en concubinage, le régime par défaut est l'indivision : chacun est propriétaire en proportion de son apport réel. À défaut de preuve, la présomption est de 50/50.

Les options pour le logement familial

Quelle que soit votre situation, trois grandes options s'offrent à vous :

Option 1 : Vendre et partager. C'est la solution la plus simple sur le plan pratique. Le bien est mis en vente, et le produit est partagé après remboursement du crédit restant. Cette option permet de rompre définitivement tout lien financier entre les ex-époux.

Option 2 : L'un rachète la part de l'autre. L'un des époux souhaite conserver la maison. Il doit racheter la soulte correspondant à la quote-part de l'autre. Cette opération nécessite un financement et passe obligatoirement par un notaire.

Option 3 : Rester en indivision temporairement. Les deux époux restent copropriétaires, souvent pour ne pas perturber les enfants. Cette solution demande une bonne entente durable et doit être encadrée par une convention précise.

L'attribution préférentielle

Dans le cadre d'un divorce judiciaire, l'un des époux peut demander au juge une attribution préférentielle du logement familial. Le juge examine les situations respectives des deux époux et peut accorder l'attribution préférentielle notamment si :

  • L'époux demandeur a la garde principale des enfants mineurs
  • Il exerce une activité professionnelle dans le logement
  • Il y habite depuis plus longtemps
  • Sa situation économique est plus fragile

L'attribution préférentielle ne signifie pas que l'époux obtient la maison gratuitement. Il doit verser une soulte à l'autre époux pour compenser la valeur de sa part.

Documents à préparer pour la liquidation du régime matrimonial

  • Contrat de mariage ou attestation de régime légal
  • Titre de propriété de la maison
  • Dernier relevé de capital restant dû sur le crédit immobilier
  • Estimation récente du bien par un professionnel
  • Justificatifs des apports personnels de chaque époux lors de l'achat
  • Relevés des travaux importants financés par l'un des époux
  • Convention de divorce (divorce par consentement mutuel)

Le rachat de soulte

Le rachat de soulte est l'opération par laquelle l'un des époux devient seul propriétaire de la maison en indemnisant l'autre. La soulte est calculée ainsi :

Valeur de la maison — Capital restant dû = Valeur nette
Soulte = Valeur nette × Quote-part de l'autre époux

Exemple : maison estimée à 350 000 €, crédit restant de 80 000 €, chaque époux possède 50 %. Valeur nette = 270 000 €. Soulte = 135 000 €.

Le rachat de soulte nécessite en général un refinancement bancaire : l'époux qui reprend le bien doit emprunter une somme suffisante pour rembourser le crédit existant et payer la soulte. Des frais de notaire s'appliquent (environ 2,5 % pour le droit de partage + émoluments notariaux).

La vente du bien commun

Si les époux décident de vendre, la vente se déroule comme une vente classique. Quelques points d'attention :

  • Les deux époux doivent signer le mandat de vente et le compromis
  • En cas de désaccord sur la mise en vente, le juge du divorce peut l'ordonner
  • Le produit de vente est partagé après remboursement du crédit et des frais
  • Le bien doit rester la résidence principale pour bénéficier de l'exonération de plus-value

Le sort du crédit immobilier

Tant que le bien n'est pas vendu ou que la soulte n'est pas versée, les deux époux restent co-débiteurs solidaires du crédit immobilier. Cela signifie que la banque peut réclamer l'intégralité des mensualités à l'un ou l'autre en cas de défaillance.

Si l'un des époux conserve le bien seul, il doit obtenir de la banque une désolidarisationde l'ex-conjoint. La banque l'accordera si la solvabilité de l'emprunteur solo est suffisante.

Fiscalité et plus-value

La vente du logement familial dans le cadre d'un divorce bénéficie d'une exonération de plus-valuesi le bien constituait la résidence principale des deux époux au moment de la vente (ou jusqu'à une date récente). Cette exonération s'applique même si l'un des époux a quitté le domicile avant la vente, sous réserve d'un délai raisonnable (généralement 12 mois).

Le droit de partage de 2,5 % est dû sur l'actif net partagé lors de la liquidation du régime matrimonial. Il est généralement partagé entre les deux époux.

📄 Documents et diagnostics obligatoires pour signer chez le notaire

Lors de toute vente immobilière, le vendeur est tenu de fournir un dossier de diagnostics techniques (DDT) complet. Ce dossier doit être annexé à la promesse de vente et à l'acte authentique.

  • DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) — obligatoire depuis 2006
  • Diagnostic amiante (immeubles construits avant juillet 1997)
  • Diagnostic plomb / CREP (constructions avant 1949)
  • Diagnostic électricité et gaz (installations de plus de 15 ans)
  • État des risques et pollutions (ERP)
  • Diagnostic termites (selon zone géographique)
  • Diagnostic assainissement non collectif (si fosse septique)
  • Mesurage Loi Carrez (pour les lots en copropriété)

Pour obtenir ces diagnostics, vous devez faire appel à un diagnostiqueur certifié. Vous pouvez comparer les tarifs et demander un devis en ligne sur devis-diagnostics-immobilier.fr. Les diagnostics obligatoires varient selon l'âge du bien, sa localisation et les caractéristiques de l'installation. Les prix des diagnostics immobiliers dépendent du type de bien et du nombre de diagnostics requis.

Questions fréquentes