🏠 Que Faire de Ma Maison

Maison Héritée : Que Faire ?

Mis à jour le 1 juin 2024

Hériter d'une maison est souvent une situation à la fois émotionnellement difficile et administrativement complexe. Entre les formalités notariales, la gestion des éventuels co-héritiers et les décisions à prendre sur l'avenir du bien, les héritiers se retrouvent souvent démunis. Ce guide vous explique pas à pas comment procéder.

La première démarche : contacter un notaire

Dès le décès d'un proche propriétaire d'un bien immobilier, la première étape est de contacter un notaire. Ce professionnel est indispensable : en France, toute succession comprenant un bien immobilier doit obligatoirement passer par lui. Il établira l'acte de notoriété, document officiel qui identifie les héritiers et précise leurs droits sur la succession.

Vous n'êtes pas obligé de choisir le notaire de la famille du défunt. Vous pouvez faire appel au notaire de votre choix, et plusieurs notaires peuvent intervenir sur la même succession si les héritiers le souhaitent (ils se partagent alors les émoluments réglementés).

Le délai légal pour déposer la déclaration de succession est de 6 mois à compter du décès (12 mois si le décès a eu lieu à l'étranger). Des pénalités de retard s'appliquent en cas de dépassement.

Accepter ou refuser la succession

Avant de faire quoi que ce soit avec la maison, vous devez décider si vous acceptez la succession. Cette décision est fondamentale car elle conditionne votre situation patrimoniale et votre responsabilité vis-à-vis des dettes du défunt.

Trois options s'offrent à vous :

  • L'acceptation pure et simple : vous devenez propriétaire des actifs (dont la maison) mais également responsable des dettes, même si elles dépassent la valeur de l'actif successoral. Cette option est risquée si le défunt avait des dettes importantes.
  • L'acceptation à concurrence de l'actif net : vous protégez votre patrimoine personnel. Vous héritez des actifs mais vous ne remboursez les dettes que dans la limite de ce que vous avez reçu. Une déclaration au tribunal judiciaire est nécessaire.
  • La renonciation : vous ne recevez rien et vous n'êtes tenu d'aucune dette. Votre part revient alors à vos enfants ou à vos co-héritiers. La renonciation se fait par déclaration au greffe du tribunal judiciaire.

Vous disposez de 4 mois après le décès pour prendre une décision, sans que personne ne puisse vous forcer. Après ce délai, un créancier ou un co-héritier peut vous mettre en demeure de vous prononcer sous 2 mois supplémentaires.

Évaluer la maison héritée

L'évaluation du bien immobilier est une étape cruciale de la succession pour plusieurs raisons :

  • Elle sert de base au calcul des droits de succession
  • Elle détermine la valeur des soultes si un héritier rachète les parts des autres
  • Elle fixe le prix de référence pour une éventuelle vente

En principe, les héritiers peuvent eux-mêmes déclarer la valeur vénale du bien au fisc. Mais l'administration fiscale peut contester cette valeur si elle la juge sous-estimée. Il est donc conseillé de faire réaliser une estimation professionnelle par un agent immobilier ou un expert judiciaire.

Attention : sous-évaluer délibérément un bien dans une déclaration de succession constitue une fraude fiscale passible de lourdes sanctions.

Les droits de succession

Les droits de succession sont calculés sur la valeur nette de la part de chaque héritier, après application des abattements légaux. Les taux varient selon le lien de parenté avec le défunt :

  • Enfants et conjoint survivant : abattement de 100 000 € par enfant ; le conjoint est totalement exonéré
  • Frères et sœurs : abattement de 15 932 € puis taux de 35 à 45 %
  • Neveux et nièces : abattement de 7 967 €
  • Autres (non-parents) : abattement de 1 594 € puis taux de 60 %

Si vous n'avez pas les liquidités pour payer les droits de succession, vous pouvez demander un paiement différé et fractionné (sur 3 à 10 ans selon les cas) auprès de la Direction Générale des Finances Publiques (DGFIP). Des intérêts de retard s'appliquent dans ce cas.

Documents à rassembler pour le notaire

  • Acte de décès du défunt
  • Livret de famille du défunt
  • Testament ou donation entre époux (si existants)
  • Titre de propriété de la maison
  • Dernier avis de taxe foncière
  • Relevés des comptes bancaires du défunt
  • Liste des dettes connues du défunt (crédits, loyers, factures)
  • Pièces d'identité et justificatifs de domicile de chaque héritier

Options pour les héritiers

Une fois la succession acceptée et les formalités notariales engagées, les héritiers doivent se mettre d'accord sur le sort de la maison. Trois grandes options existent :

1. Vendre la maison : c'est souvent la solution la plus simple lorsque les héritiers ont besoin de liquidités ou ne s'entendent pas sur la gestion du bien. Le produit de la vente est partagé entre les héritiers au prorata de leurs droits dans la succession. La vente doit être actée chez le notaire et nécessite l'accord unanime de tous les indivisaires.

2. Conserver la maison en indivision : les héritiers restent copropriétaires. Cette solution peut être envisagée si tous souhaitent conserver le bien familial ou attendre un meilleur moment pour vendre. Elle nécessite une bonne entente entre co-héritiers et idéalement la rédaction d'une convention d'indivision chez le notaire.

3. Rachat des parts par un héritier : l'un des héritiers souhaite conserver la maison seul. Il doit alors racheter les quotes-parts des autres en leur versant une soulte. Cette opération est assimilée à une vente et génère des droits de partage (2,5 % de l'actif net partagé).

Gérer l'indivision

L'indivision successorale est fréquente mais peut s'avérer complexe à gérer sur le long terme. Voici les règles essentielles :

  • Décisions courantes (entretien, petites réparations) : peuvent être prises à la majorité des deux tiers des droits.
  • Actes de disposition (vente, hypothèque) : requièrent l'unanimité de tous les indivisaires.
  • Désignation d'un gérant : les indivisaires peuvent désigner l'un d'eux ou un tiers comme gérant de l'indivision, à la majorité des deux tiers.

Pour encadrer les relations entre co-indivisaires, la rédaction d'une convention d'indivision chez le notaire est fortement recommandée. Ce document précise les règles de gestion, la durée de l'indivision (5 ans renouvelables), et les modalités de sortie.

Vendre la maison héritée

La vente d'une maison héritée suit globalement les mêmes étapes qu'une vente classique, mais avec quelques spécificités :

  • Attendre l'attestation de propriété : le notaire doit avoir établi l'attestation immobilière publiée au service de la publicité foncière. C'est ce document qui prouve légalement que vous êtes propriétaire.
  • Accord de tous les indivisaires : si plusieurs héritiers sont propriétaires du bien, ils doivent tous signer le mandat de vente et l'acte authentique.
  • Diagnostics immobiliers : comme pour toute vente, le DDT complet est obligatoire.
  • Plus-value immobilière : calculée sur la différence entre le prix de vente et la valeur retenue lors de la succession. Des abattements pour durée de détention s'appliquent.

Si un héritier bloque la vente sans raison valable, les autres peuvent saisir le tribunal judiciaire pour demander unelicitation (vente forcée aux enchères). Cette procédure peut prendre plusieurs années et est coûteuse ; la médiation ou la négociation directe sont toujours préférables.

📄 Documents et diagnostics obligatoires pour signer chez le notaire

Lors de toute vente immobilière, le vendeur est tenu de fournir un dossier de diagnostics techniques (DDT) complet. Ce dossier doit être annexé à la promesse de vente et à l'acte authentique.

  • DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) — obligatoire depuis 2006
  • Diagnostic amiante (immeubles construits avant juillet 1997)
  • Diagnostic plomb / CREP (constructions avant 1949)
  • Diagnostic électricité et gaz (installations de plus de 15 ans)
  • État des risques et pollutions (ERP)
  • Diagnostic termites (selon zone géographique)
  • Diagnostic assainissement non collectif (si fosse septique)
  • Mesurage Loi Carrez (pour les lots en copropriété)

Pour obtenir ces diagnostics, vous devez faire appel à un diagnostiqueur certifié. Vous pouvez comparer les tarifs et demander un devis en ligne sur devis-diagnostics-immobilier.fr. Les diagnostics obligatoires varient selon l'âge du bien, sa localisation et les caractéristiques de l'installation. Les prix des diagnostics immobiliers dépendent du type de bien et du nombre de diagnostics requis.

Questions fréquentes